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L’œuvre la plus importante du designer est sa Porsche – Sortie-de-Grange

Antoine Gaslais est un artiste basé à Paris et un passionné de voitures anciennes. Son atelier, situé à quelques kilomètres de la capitale, se trouve dans un joli et vieux village. Et s’il a une formation de designer, il travaille en free-lance depuis septembre 2001. Parallèlement à son travail de directeur artistique, il a développé le métier d’atelier de sérigraphie. Il est évidemment très occupé par le travail et l’art, mais il dit que son travail actuel le plus important est de travailler sur sa voiture, « parce que c’est mon sujet préféré. En particulier les affiches pour mon club ou mes voyages avec ma Porsche ».

Q : Comment votre passion pour le graphisme et les voitures anciennes a-t-elle commencé ?

A : Je crois que j’ai dessiné ma première Porsche à l’âge de cinq ou six ans sur un morceau de verre avec une peinture spéciale. C’était une Turbo bleue avec un énorme spoiler noir et de gros pneus. Mes parents n’étaient pas des fanatiques de voitures, mais ils aimaient les vieilles voitures et certains de leurs amis en avaient. Je me souviens avoir fait un tour dans une Jaguar XK 140. Le vrombissement du moteur, l’odeur de l’huile et du vieux cuir, le tableau de bord en bois de rose, les beaux instruments, le volant qui est évidemment énorme, le vent dans les cheveux, le long capot… Depuis lors, cela m’a toujours fasciné.

Je passe donc ma vie à me concentrer sur la convergence de mes passions. Prenez toutes vos passions, mettez-les dans un mixeur avec une touche de citron et de soda. Secouez, versez, et voyez ce qui en sort !

Q : Avez-vous eu du mal à démarrer votre carrière d’artiste automobile ?

A : Oui, très. La chose la plus compliquée ici à Paris, c’est l’espace. J’ai commencé la sérigraphie dans un sous-sol gracieusement prêté par un ami. Je ne savais rien. J’ai expérimenté pendant deux ans pour savoir comment imprimer les images que je dessinais. Puis j’ai atterri dans cet atelier non loin de Paris avec mon ami M. Julien Borne qui restaure de vieilles Porsche dans le garage d’à côté.

Q : Quel est votre sujet préféré ?

A : Mon sujet préféré est les voitures. J’aime leurs formes, leurs lignes, leurs belles carrosseries. J’aime leur odeur. J’aime aussi les corps laids. J’aime les empiler et parfois les déformer. J’aime leur simplicité et parfois j’aime leur complexité. Je rêve de voitures la nuit.

Q : Comment le processus de création commence-t-il ?

A : Habituellement, j’aime avoir un sujet. Ensuite, je fais une longue recherche d’images, dans des livres, des magazines, sur Internet. Ensuite, toutes les prises de vue sont autorisées. Je dessine souvent directement sur l’ordinateur. Parfois, je préfère faire un brouillon. D’autres fois, je fais mes propres photos, je scanne, je photocopie, je dessine. J’utilise aussi beaucoup de sprays. J’aime les couleurs pop. Mes dessins sont souvent très lumineux. Une fois que mon image est figée à l’écran, je dois faire des films afin d’entamer le long processus d’impression manuelle. Une fois les films en main, je passe de longues heures au studio.

Q : Quelles techniques utilisez-vous pour votre travail ?

R : Pour ma série limitée, je fais des tirages sur soie. C’est un procédé d’impression ancien. On dit que ce sont les Japonais qui ont utilisé les premiers logos sérigraphiés sur les kimonos militaires pour reconnaître les amis des ennemis. La sérigraphie est encore utilisée aujourd’hui pour l’impression sur les vêtements mais aussi sur tout ce qui n’est pas en papier : les plaques de rue, le logo sur votre stylo promotionnel… Mais je travaille avec l’ancienne méthode, entièrement à la main comme le faisaient les fabricants des samouraïs.

Q : Possédez-vous ou aspirez-vous à posséder une voiture ancienne (et laquelle) ?

A : J’ai la chance d’avoir pu acquérir une Porsche 912 de 1967 il y a trois ans. C’est ma première vieille voiture et elle est sensationnelle. Mais les débuts ont été chaotiques. J’ai acheté la voiture, et elle n’avait pas été conduite depuis dix ans. Je ne connaissais rien à la mécanique. Il a fallu un an pour la remettre en marche. Restaurer une voiture ancienne, c’est comme restaurer une vieille maison. C’est long, difficile, cher, mais nous le faisons avec passion. Maintenant, la voiture fonctionne depuis plus d’un an et demi et c’est incroyable. Cela a changé ma vie.

Q : Quelle est votre route préférée et qui est votre compagnon préféré ?

A : J’aime voyager, de préférence seul. J’aime regarder à travers les kilomètres. Je ne suis pas un grand fan de la performance – c’est bien mais ça ne me fait pas marcher. J’aime la route. J’aime aller d’un point A à un point B. Je préfère les petites routes avec beaucoup de virages et peu de circulation sur de longues distances. C’est pourquoi la « Petite 911 » avec le « petit » 4 cylindres de 90 ch me ravit. Elle est faite pour moi.

Q : En tant qu’artiste, quand vous regardez une voiture, que voyez-vous ?

A : Une histoire. Chaque voiture a une histoire qui lui est propre. Nous parlons souvent de voitures « historiques » vendues aux enchères, mais pour moi, elles ont toutes une histoire. Une histoire unique. C’est ce que j’essaie de transmettre à travers mon humble blog sur ma Porsche 912 et mes images.

Q : Avez-vous une voiture préférée de tous les temps ?

A : J’en ai trop ! Mais si je devais n’en choisir qu’un seul : Porsche 959

Q : Où aimez-vous ou aimeriez-vous voir votre art le plus exposé ?

A : Au MoMA !

Q : Quelle est votre époque préférée en matière de sport automobile ?

A : Peut-être le tout début dans les années 1920, quand il n’y avait pas de règles. Quand prendre un virage à 50kmh était une aventure. C’était l’époque de Bugatti, la marque de voitures de sport la plus célèbre du monde. J’aime aussi beaucoup Linas Montlhery. Construit en 1924, c’était le premier circuit de course français. Chaque année, les amateurs de classiques se retrouvent au Heritage Festival Autrodrome Montlhery. Voir une Bentley des années 30 prendre un virage en béton, sale et incliné, procure des sensations inoubliables. J’aime aussi beaucoup la NASCAR américaine d’aujourd’hui parce qu’elle est extrême, brutale, et parce qu’ils continuent à réparer les voitures pendant la course avec du ruban adhésif et des marteaux !

Q : Si vous aviez la possibilité de concevoir quelque chose, que voudriez-vous faire, que vous n’avez pas encore fait ?

A : Le rêve se construit au quotidien. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve. Chaque petit pas vous rapproche d’un objectif souvent vague. Il reste tant de choses à explorer. Je ne sais pas où je vais, mais une chose est sûre : je vais.

Pour en savoir plus sur le travail d’Antoine, cliquez ici.

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